
De plus en plus de soignants prennent la parole sur les réseaux sociaux pour informer, sensibiliser et déconstruire les idées reçues. Cette présence, précieuse pour la santé publique, restait pourtant sans cadre clair. La charte du médecin créateur de contenu vient poser des repères attendus.
Informer sans se compromettre
Un professionnel de santé qui publie n’est pas un influenceur comme les autres : sa parole engage sa responsabilité et celle de sa profession. La charte rappelle des principes simples — transparence sur les liens d’intérêt, information fondée sur les preuves, respect du secret médical et de la dignité des patients — pour que la vulgarisation ne glisse jamais vers la promotion.
Une opportunité, à condition d’être encadrée
Bien menée, la création de contenu renforce la relation de confiance et améliore la littératie en santé du public. Mal maîtrisée, elle expose à la désinformation et aux sanctions ordinales. Tout l’enjeu consiste à conjuguer pédagogie, ton juste et conformité déontologique.
Chez Thēmis Medica, nous accompagnons les praticiens qui souhaitent prendre la parole en ligne : ligne éditoriale, formats, cadrage réglementaire. Communiquer utile et conforme, c’est notre métier.
Ce que dit le code de déontologie
La charte ne remplace pas la règle : elle la rend praticable. Le cadre reste l’article R.4127-19-1 du code de la santé publique, issu du décret du 22 décembre 2020. Il autorise expressément le médecin à diffuser des informations scientifiquement étayées sur sa discipline ou sur des questions de santé publique, dans un but éducatif ou sanitaire — c’est précisément ce que fait un soignant qui vulgarise en ligne.
Mais il interdit tout aussi clairement de fonder sa communication sur des témoignages de tiers, sur une comparaison avec d’autres praticiens, ou d’inciter à des actes inutiles. C’est là que la création de contenu dérape le plus souvent : le format des réseaux pousse au témoignage, au avant-après et à l’injonction. La ligne entre pédagogie et promotion se franchit sans s’en apercevoir.
L’article R.4127-13 ajoute une exigence de prudence dans la vulgarisation : ne pas présenter comme acquises des données qui ne le sont pas. Sur des sujets où le public cherche de l’espoir — cancérologie, fertilité, amaigrissement — cette prudence n’est pas une formalité.